Futurs souhaitables : la prospective au service des ESN
Quand la visibilité manque, un plan à 3 ans devient un exercice de style. La méthode des futurs souhaitables aide les ESN à se projeter à long terme.

Yohann Bardy, fondateur de Hors Piste IntelligencePublié le · 2 min de lecture
Quand la visibilité économique est faible, un plan à trois ans devient vite un exercice de style. La prospective propose une autre approche : imaginer plusieurs futurs, en choisir un souhaitable, puis construire le chemin pour y aller. C’est la démarche des « futurs souhaitables », que nous avons expérimentée avec les membres du Cercle Innovation d’ADN Ouest.
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Pourquoi les plans à trois ans ne suffisent-ils plus ?
La confiance des acteurs économiques s’effrite et les institutions avancent avec prudence. Dans ce contexte, un plan bâti sur l’actualité du moment risque d’être dépassé avant la fin de sa première année. Il décrit ce qui est probable, pas ce qui est voulu.
La prospective inverse le raisonnement. Elle ne cherche pas à prédire : elle aide à se projeter vers un futur souhaitable, puis à bâtir une feuille de route à long terme pour l’atteindre.
Qu’est-ce qu’un scénario prospectif ?
L’ADEME en donne un bon exemple. Pour atteindre la neutralité carbone en 2050, l’agence a construit quatre scénarios contrastés :
- Génération frugale
- Coopérations territoriales
- Technologies vertes
- Pari réparateur
Les quatre mènent au même objectif, par des chemins très différents. Aucun n’est une prévision. Chacun rend visibles les choix à faire, et leurs conséquences.
Ce que nous a appris l’atelier avec ADN Ouest
Avec Camille Bechet, de Sensipode, nous avons conçu et animé un atelier de prospective pour le Cercle Innovation d’ADN Ouest. Nous en retenons deux constats.
Quand les profils se ressemblent, les choix se ressemblent
Les groupes homogènes convergent vite vers les mêmes réponses et les mêmes scénarios, très influencés par l’actualité du moment. La diversité des profils n’est pas qu’une question d’équité : c’est une condition de la créativité.
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Les idées les plus décalées mènent aux solutions les plus surprenantes
Des fermes autonomes. Des serveurs immergés dans l’océan pour être refroidis naturellement. Cela semble fou ? Microsoft l’a testé avec son projet Natick : ses serveurs sous-marins sont tombés huit fois moins en panne que ceux restés à terre.
Comment appliquer la démarche dans une ESN ?
Pour les entreprises de services du numérique (ESN), c’est un nouveau paradigme. Pour les cabinets de conseil, ce sont de nouvelles façons d’accompagner. La démarche se déroule en trois étapes :
- Comprendre la raison d’être profonde de votre entreprise : pourquoi elle existe, au-delà de ce qu’elle vend.
- Identifier ce que vous apportez vraiment à vos clients, au-delà du simple delivery.
- Choisir un horizon partagé et souhaitable, puis embarquer vos clients et vos équipes.
Au-delà de la puissance de l’intelligence collective, c’est une autre façon de décider qui s’impose.
Dirigeants d’ESN, directions marketing : votre feuille de route part-elle de l’avenir que vous voulez porter, ou de l’actualité que vous subissez ?
Sources
- Grant Thornton, OpinionWay et Challenges, Baromètre de la confiance des dirigeants de PME et d'ETI, juin 2026
- ADEME, Transition(s) 2050 : les quatre scénarios pour la neutralité carbone (synthèse, Banque des Territoires)
- BCG, How Diverse Leadership Teams Boost Innovation, 2018
- Microsoft, Project Natick : bilan du centre de données sous-marin (Windows Central, 2020)
Ce sujet relève de la piste Ouvrir la voie. Découvrir les quatre pistes de Hors Piste Intelligence